jeudi 21 janvier 2016

Vos lectures #90: Le figuier de Paul de Jean-Pierre Grotti

Couverture de Le figuier de Paul 
  Dans ce roman de terroir drôle et touchant, Ernest l’ancien nous raconte la vie mouvementée de la famille Molinier et, à travers elle, celle d’un village typique du sud de la France. Le vieil homme va relater à sa manière les mutations qu’a connues sa petite communauté : désertification, mévente du vin, arrivée des hippies, arrachage des vignes... Le vieil homme fait alors du lecteur son confident... Oui, mais Ernest est bossu, ivrogne, mal aimé et puceau. Oui, mais Ernest est seul et bavard. Il a tant de choses sur le coeur, tant de choses à dire et à crier !

Mon avis: Ce roman est tout simplement magnifique. Ernest raconte et s'adresse directement au lecteur. Il l'apostrophe, le bouscule, le fait boire et surtout le fait voyager dans les vignes d'antan. Il s’interrompt parfois même dans son récit pour lui demander si tout va bien ou lui proposer de boire un coup!  Le figuier de Paul, ce n'est pas juste l'histoire familiale de Molinier à travers cet arbre symbolique. C'est tout un passé, une vie de labeur avec ses joies et ses peines, ses codes et parfois hélas, ses drames. Ces hommes bourrus qui se tuaient à la tâche mais qui n'auraient changé de métier pour rien au monde, ses femmes à la maison qui s'occupaient de tout le reste. C'est aussi ce petit village d'un autre temps qui nous rend nostalgiques avec ces vignes sous le soleil du sud-ouest. Même si la vie n'était facile, il faisait bon y vivre. Mais le progrès est arrivé et avec ça, son lot de mauvaises surprises. C'est avec ses mots simples et un peu de patois parfois que Ernest nous raconte tout ça. Il nous plonge tantôt dans son passé, tantôt dans celui de Paul. Ses souvenirs de sa jeunesse pourtant triste n'altèrent en rien son humour. Sa vie, celle de Paul et de tout son village sont intimement liées. Et c'est avec beaucoup de tendresse qu'il nous les partage. Au fil des pages, nous passons du rire aux larmes, et finalement on regrette de ne pas avoir connu cette époque ou les gens étaient plus simples, ou la course à la consommation n'existait pas. La vie était difficile, le travail rude. Mais la simplicité l'emportait sur tout le reste.
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