jeudi 17 avril 2014

Vos lectures #3: L'élégance du hérisson de Muriel Barbery

  
Couverture de L'élégance du hérisson
  "Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. 
  Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "


Votre avis: Tout d'abord j'ai eu un peu de mal avec le vocabulaire. Extrêmement riche et varié, j'ai dû de nombreuses fois consulter mon dictionnaire. J'y ai donc appris quelques mots nouveaux. C'est un livre très philosophique, parfois difficile à appréhender. J'ai du beaucoup me concentrer pour comprendre certains passages. Pourtant, peu à peu, je me suis laissée happer par cette histoire si belle. René est tellement magnifique. Elle aime la beauté des mots, des phrases. Son érudition ne la rend pourtant pas snob comme la plupart des habitants de l'immeuble. On s’aperçoit qu'elle rend les gens, qui prennent la peine de la voir, beaux, intéressants, bons. Mais sa souffrance est tellement profonde qu'elle s'est totalement renfermée jusqu’à ce qu'elle croise Kakuro. C'est là qu'on découvre la véritable René. C'est là qu'elle se découvre vraiment. L'amour qui transparait dans les geste de Kakuro sont si poétiques, si doux, si patients, exactement ce qu'il faut pour cette belle concierge renfrognée.
Quant à Paloma, petite fille qui me paraît si orgueilleuse au premier abord, elle apprend la vie, la mort. Et elle aussi se transforme au contact de Mme Michel.
Au final, cette histoire est sublime et les mots nous transportent littéralement, même si la fin m'a laissée tellement triste...Spoiler: La mort de René est tellement injuste! Au moment où elle s'ouvre enfin à la vie, à l'amour, elle meurt. Un peu comme sa sœur finalement: elle a aimé un riche, et elle est morte. 

(Cette technique de camouflage ultra-sophistiquée est utilisée par le FBI et la CIA, sachez-le!)

Et vous, vous l'avez lu? Vous avez aimé? Ou vous fait-il envie?
Réactions :

4 commentaires:

  1. Zut, mon message a été effacé alors que je le visualisais !!
    Bref, je disais que mon avis avait été mitigé, mi fasciné, mi agacé. jJai beaucoup aimé cette richesse, ce ton unique, mais les choix de l'auteur, tourné vers le pessimisme et le marasme, le manque de simplicité aussi, cette sorte de snobisme à l'envers, m'ont déplu.
    Cela reste cependant une lecture marquante, que je ne regrette pas. Dommage que l'auteur ne possède pas cet élan positif qui accompagne parfois ce genre de choix littéraire (Colette par exemple).

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  2. Je comprends ce que tu veux dire au niveau du snobisme. Ayant eu parfois beaucoup de mal avec les passages philosophiques, je me sentais un peu en retrait, comme si je n'avais pas la légitimité pour apprécier cette lecture. J'avais l'impression que si j'avais rencontré René et Paloma, je n'aurai pas été digne de leur intérêt. J'ai donc préféré me fixer sur la beauté des mots, des phrases qui ressortait et sur la beauté qui transparaissait dans les 2 personnages principaux.

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  3. J'ai adoré ce livre, que j'avais découvert vraiment par hasard. chouette choix de lecture ma belle

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